Les ouvrages maritimes

Comme son nom le laisse présager, la mer est omniprésente en Côte des Isles. Mais si la mer a des vertus, comme l’avaient découvert les premiers “baigneurs” à la fin du XIXème siècle, si elle permet, depuis plusieurs siècles, à une population de vivre et à des hommes de travailler, par l’activité de la pêche, elle est aujourd’hui le terrain de jeux de personnes recherchant des activités sportives à sensations fortes… ll a fallu l’adopter, la dompter et aménager ses abords en équipements spécifiques pour pouvoir développer toutes les activités qui y sont liées.

Le phare de Carteret

Phare de Carteret

© Marc Lerouge – PAT du Cotentin

Dominant la mer d’une soixantaine de mètres, le cap de Carteret porte les traces d’une ancienne occupation humaine. Il est aménagé en “éperon barré” par une enceinte de terre que traverse l’avenue du phare. Appelé camp de César et parfois le Castet, il fut occupé dès le Néolithique et épisodiquement jusqu’au haut Moyen-Âge. Au XVIIIème siècle, pour lutter contre la contrebande entre les îles et le Cotentin, un chemin des douaniers (aujourd’hui le GR223), y fut créé. Une étude de fréquentation a démontré que ce sont près de 100 000 personnes qui le fréquentent chaque année.

Sur ce promontoire rocheux s’érige le phare de Carteret, construit entre 1836 et 1839. Sa situation exceptionnelle lui permet de dominer la mer d’environ 80 mètres et de porter son faisceaux lumineux à 50 km (à raison de 6 éclats : 4 courts et 2 longs, toutes les 30 secondes) afin de diriger les bateaux et autres plaisanciers qui naviguent dans ce périmètre au beau milieu de la nuit. L’optique de Fresnel est particulièrement belle.


Le fanal de Port-Bail

La tour fortifiée de la chapelle Sainte Barbe à l’église Notre-Dame à Port-Bail sert de point de repère aux plaisanciers. Elle abrite un repère lumineux appelé “fanal” qui guide les bateaux pour entrer dans le chenal et le havre en alignement avec celui du port.


La station de sauvetage

Un an après la création de la “Société de Sauvetage des Naufragés” en 1865, une station de sauvetage était ouverte à Carteret et disposait d’une “maison-abri”. Cette association, reconnue d’utilité publique, dispose d’une vedette de 15 mètres, insubmersible, auto-redressable, propulsée par deux moteurs de 450 cv, baptisée “Les Trois Grunes”. La navigation dans le “Passage de la Déroute” est toujours délicate mais les moyens actuels, via le CROSS (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage) basé à Jobourg, facilitent le sauvetage. Au cours des 19 dernières années, les sauveteurs (tous bénévoles) ont effectué 386 interventions ayant abouti au sauvetage de 531 personnes et à l’assistance de 209 bateaux.

La SNSM est un acteur essentiel de ce véritable service public qu’est le secours en mer mais ses moyens financiers dépendent de la bonne volonté de l’État et des collectivités territoriales ainsi que de la générosité des personnes privées. Ne prenez pas de risques inutilement !


La pêcherie médiévale

Encaissée dans le havre de Port-Bail, on a retrouvé il y a une dizaine d’années, les vestiges d’une pêcherie médiévale, qui totalisait au minimum 100 m de large. Ce barrage fixe en forme de V était destiné à piéger le poisson. Une ouverture permettait de disposer des filets ou une nasse afin de récupérer le poisson lorsque la marée redescendait. Cette pêcherie médiévale est aujourd’hui conservée au Manoir du Parc à Saint-Lô-d’Ourville.


Le Pont aux 13 arches

Pont aux XIII arches

De nombreux aménagements ont été réalisés localement en Côte des Isles afin de continuer à vivre à côté de la mer, cet élément naturel parfois hostile. Le pont aux XIII arches, solidement ancré dans la roche et long de 80 mètres, fut construit en 1876. Il sépare le havre sud du havre nord de Port-Bail et permet de relier le secteur de la plage à celui du bourg. Lors des grandes marées, l’eau dépasse la hauteur des piliers pour atteindre le parapet du pont. C’est le lieu idéal pour observer sous le pont la force du courant et son inversion, “la renverse”.


La Neire-Maôve ou goélette du Cotentin

La Neire-Maôve (mouette noire en patois normand), également appelée la goélette du Cotentin est la réplique exacte des goélettes locales et des îles anglo-normandes, qui ont fréquenté les eaux de la côte ouest du Cotentin jusqu’en 1930. Elle est née de la volonté de quelques passionnés du patrimoine maritime local qui, en 1990, fondèrent l’association “Vieux Gréements en Côte des Isles”. Montez à bord de la Neire-Maôve à l’occasion d’une balade en mer de 2 heures au large de Barneville-Carteret ou bien pour découvrir les îles Ecréhou et les îles anglo-normandes !


La porte à flots

Portes a flot - SLO

Au fond de l’estuaire de Port-Bail, sur la route d’Omonville à Varreville, se trouve une porte à flots. Cette installation a pour fonction d’empêcher les eaux marines de pénétrer dans les terres et d’anéantir les cultures par la présence du sel dans ces eaux. Elle se ferme automatiquement sous l’action de la marée montante et s’ouvre à marée descendante.

Un sentier de découverte vous est proposé par le Syndicat Mixte des Espaces Littoraux de la Manche (le SyMEL), allant du bourg de Saint-Lô-d’Ourville aux dunes de Lindbergh. Renseignements auprès de l’Office de Tourisme de la Côte des Isles.